vendredi 27 mars 2015

Fusion des communes : la grande peur dans la campagne

La fusion des communes est un processus dont la marche semble inexorable. Et fait peur à bon nombre d'entre elles. Notre reporter est monté dans le Gros de Vaud pour aller à la rencontre de communes qui ont dû franchir le pas, et d'autres qui sont sur le point d'unir leur destinée entre elles. Florilège de réactions dans une commune bien de chez nous.

Ancien Municipal d' Etagny-sur-Dessous, une commune de 346 habitants (et 17 vaches) récemment fusionnée avec 2 autres communes de 148 et 454 habitants, Monsieur Grégoire Angst a vu depuis cette union fatidique de nombreux apiculteurs de son ancienne commune lui rapporter que 50 % de la population des abeilles produisait désormais du lait maigre. Ou encore que depuis que les vaches de l'ancienne commune sont menées au taureau de la commune voisine, il ne naît plus de veaux mais bien des sortes d'ornithorynques, stériles qui plus est !

Par ailleurs, des maladies qu'on croyait jusque-là éradiquées comme l'ouvertite aiguë, la néophilie ou la progressite galopante ressurgissent. Des couples humains que l'on croyait bien assortis jusque-là se mettent à se séparer plus qu'à l'habitude. Même le monde minéral semble affecté par le phénomène de la fusion : la vieille école en pierres sèches s'est subitement effondrée, sans raison apparente, juste parce que des élèves de l'ancienne commune voisine s'en étaient approchés à moins de 300 mètres.

Le syndic continue à égrener les maux qui touchent sa nouvelle commune, et cite dans le désordre : l'exemple du portrait du célèbre présentateur TV Radius Rochebin n'apparaît plus chaque semaine en une du Télé Top Matin, les jeunes garçons de la nouvelle commune ne s'intéressent plus au football, les gens sont pris de subites et folles envies de dépenser leur argent au lieu de le thésauriser, les chômeurs, les rmistes et les AI ne jouent plus au Tribolo, les hommes désertent les carnotzets, les jeunes hommes de moins de 30 ans se mettent à se raser de près et à ne plus faire des gags lourds aux demoiselles qui ont le privilège de les accompagner, les femmes se mêlent maintenant de politique. Le journal Le Matin écrit des articles plus du tout démagogiques , le 20 Minutes met plus de textes entre ses photos. Même les vieux de la nouvelle et grande commune se mettent à oser des jurons contre la Migros, à louer la présence d'étrangers dans la région et, pire : à avoir des fantasmes d'écologie !

Une atmosphère d'attente angoissée étreint les gens qui sont à l'affût de la prochaine bizarrerie, et une grande partie d'entre eux, particulièrement inquiète mais lucide quant à la tournure des événements depuis la fusion se met à fréquenter à nouveau l'église afin que le tout-puissant remette la commune, le canton de Vaud et enfin le monde entier dans le bon sens comme elle dit  : en arrière. Toute.

La Rédaction du journal Eritas

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