La
fusion des communes est un processus dont la marche semble
inexorable. Et fait peur à bon nombre d'entre elles. Notre reporter
est monté dans le Gros de Vaud pour aller à la rencontre de
communes qui ont dû franchir le pas, et d'autres qui sont sur le
point d'unir leur destinée entre elles. Florilège de réactions
dans une commune bien de chez nous.
Ancien
Municipal d' Etagny-sur-Dessous, une commune de 346 habitants (et 17
vaches) récemment fusionnée avec 2 autres communes de 148 et 454
habitants, Monsieur Grégoire Angst a vu depuis cette union fatidique
de nombreux apiculteurs de son ancienne commune lui rapporter que
50 % de la population des abeilles produisait désormais du lait
maigre. Ou encore que depuis que les vaches de l'ancienne commune
sont menées au taureau de la commune voisine, il ne naît plus de
veaux mais bien des sortes d'ornithorynques, stériles qui plus
est !
Par
ailleurs, des maladies qu'on croyait jusque-là éradiquées comme
l'ouvertite aiguë, la néophilie ou la progressite galopante
ressurgissent. Des couples humains que l'on croyait bien assortis
jusque-là se mettent à se séparer plus qu'à l'habitude. Même le
monde minéral semble affecté par le phénomène de la fusion :
la vieille école en pierres sèches s'est subitement effondrée,
sans raison apparente, juste parce que des élèves de l'ancienne
commune voisine s'en étaient approchés à moins de 300 mètres.
Le
syndic continue à égrener les maux qui touchent sa nouvelle
commune, et cite dans le désordre : l'exemple du portrait du
célèbre présentateur TV Radius Rochebin n'apparaît plus chaque
semaine en une du Télé Top Matin, les jeunes garçons de la
nouvelle commune ne s'intéressent plus au football, les gens sont
pris de subites et folles envies de dépenser leur argent au lieu de
le thésauriser, les chômeurs, les rmistes et les AI ne jouent plus
au Tribolo, les hommes désertent les carnotzets, les jeunes hommes
de moins de 30 ans se mettent à se raser de près et à ne plus
faire des gags lourds aux demoiselles qui ont le privilège de les
accompagner, les femmes se mêlent maintenant de politique. Le
journal Le Matin écrit des articles plus du tout démagogiques , le
20 Minutes met plus de textes entre ses photos. Même les vieux de la
nouvelle et grande commune se mettent à oser des jurons contre la
Migros, à louer la présence d'étrangers dans la région et, pire :
à avoir des fantasmes d'écologie !
Une
atmosphère d'attente angoissée étreint les gens qui sont à
l'affût de la prochaine bizarrerie, et une grande partie d'entre
eux, particulièrement inquiète mais lucide quant à la tournure des
événements depuis la fusion se met à fréquenter à nouveau
l'église afin que le tout-puissant remette la commune, le canton de
Vaud et enfin le monde entier dans le bon sens comme elle dit :
en arrière. Toute.
La
Rédaction du journal Eritas
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