Le
monde scientifique romand est en émoi depuis quelques jours. En
effet de très nombreux spécimen de la famille des érinacéidés,
des échinodermes ainsi que des hystricidae semblent avoir profité
de la météo favorable de ces jours pour réapparaitre dans des
endroits pour le moins surprenants. Il faut savoir que leur présence
parmi nous sur sol romand avait chuté de 70 % sur les 10
dernières années. Notre reporter a mené l'enquête.
Mme
Meulard, la cinquantaine bien frappée, habite dans une jolie petite
villa jouxtant la maison communale de Jouxtens-sur-Bougy. Quelle ne
fut pas sa surprise il y a quelques jours de voir une colonie de 30
hérissons environ sortir à la queue leu leu de la maison où siège
depuis toujours la municipalité à majorité bourgeoise. Ils
semblaient n'avoir plus vu la lumière du jour depuis belle lurette,
leur teint était blanchâtre, à la limite du blême. Mais les
odeurs naissantes de Dame Nature ainsi que la chaleur du soleil ont
vite fait de les remettre d'aplomb.
Ensuite
la surprise vint de la monumentale fontaine dite « des 12
lingots » devant le bâtiment communal qui abrite les services
financiers de Jouxtens-sur-Bougy. Le petit filet d'eau qui s'en
échappe pour flâner dans les prés avoisinants a lui aussi réservé
son lot de surprises. De très nombreux petits oursins violacés,
d'eau douce mais pas que, s'égrenaient dans le ru, reprenant eux
aussi leurs couleurs d'origine. Ce sont des enfants qui ont donné
l'alerte.
Enfin
une colonie de 15 énormes porc-épics a été vue sortir de la
résidence secondaire de M. le Syndic le soir du 7 mars. Eux aussi
étaient dans un triste état, leur mikado dorsal étant blanc
monocolore. Visiblement ils n'avaient plus vu la lumière du jour
depuis longtemps.
Les
pauvres animaux avaient à l'origine trouvé refuge dans les amples
pantalons de M. le Syndic, mais finalement celui-ci a vite mesuré
tout le bénéfice qu'il y avait pour lui et les finances communales
à ce que les animaux restent dans ses poches : en effet, c'est
grâce à leur présence qu'il n'a pas été en mesure de financer
une étude demandée par le Conseil visant à remplacer les ampoules
à incandescence datant de 1921 par des LED. De la même façon le
municipal en charge des finances n'a pu prêter de l'argent au
collectif venu lui demander une participation à la création d'une
crèche rendue nécessaire par l'arrivée de 43 familles sur le
territoire communal. Les oursins, au fond de ses poches, avaient fait
leur office. Enfin pour ce qui concerne les hérissons, ceux-ci
avaient été distribués lors d'une séance de la Municipalité à
tous ses membres, à des fins préventives, tant il est vrai que les
administrés sont toujours en train de réclamer des sous…
Une
question qui ne manque pas de piquant demeure : pourquoi donc
ces animaux ont-ils décidé de déserter leur poste subitement
et au même moment ? Quelle pulsion les a animé ? Il est à
signaler que des phénomènes identiques de réapparition de ces animaux se sont
produits dans de très nombreuses communes et pas seulement rurales. Les scientifiques
s'interrogent aussi sur la question corollaire : qu'est-ce qui
pousse les spécimen de la famille des edilidae municipalidae dextrae
à ne jamais vouloir débourser utilement le moindre centime ?
Atavisme pré-dévonien ou réflexe acquis au cours de l'évolution ?
Les scientifiques ont encore du pain sur la planche.
La Rédaction du journal Eritas
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