vendredi 24 août 2018

Religion, une maltraitance faite à l’intelligence de l’enfant.


Tout enfant devrait naturellement grandir au sein d’une famille à priori aimante et respectueuse de lui en tant que sujet en devenir. Voici du moins ce qui devrait avoir lieu à mon sens. En grandissant, il utilise ses sens, ses perceptions, son raisonnement afin d'extraire du monde qui l'environne des invariants, des règles de fonctionnement afin de mieux se l’approprier, et de pouvoir agir sur lui en retour comme le ferait tout sujet.

Sa curiosité naturelle le pousse à explorer, il apprend pas à pas de nombreuses choses et s’accommode en principe très bien de ne pas tout savoir, de ne pas tout expliquer. Il apprend aussi de nombreuses choses sur les relations humaines, sur le fonctionnement de sa famille, des siens. Tout cela progresse, à un rythme qui lui est propre. Il va se questionner plus tard normalement et sans tabou sur des questions telles que l’origine du monde, la sexualité, la mort, l’existence, avec les moyens acquis jusque-là. Naturellement il s’en ouvre à ses parents, et c’est là que, trop souvent malheureusement, ces derniers lui assènent des explications religieuses toutes faites, magiques, séduisantes parfois, irréalistes toujours, faussement rassurantes, dont dans le meilleur des cas il se rend compte qu’elles sont fausses, partiales, truffées d’incohérences, trop définitives pour laisser place à un quelconque doute. Il s’agit-là d’une insulte grave faite à son intelligence, d’une violence mentale au sens large.

Il va s’ensuivre chez lui une crise mentale, un clash très violent entre ses représentations, ses visions issues de ses expériences et celles qui lui sont littéralement imposées par le dehors. Cette crise cognitive si l’on peut dire, va dans le meilleur et le plus salutaire des cas entraîner une crise affective et relationnelle avec les parents. Le hic majeur est que trop souvent, tant pour résoudre ce stress majeur que pour s’épargner des conflits avec les siens, il fera malheureusement ce que fait la majorité des enfants : épouser ces thèses religieuses, avaler leur foi dans le but de maintenir ses liens avec eux, en portant un crédit à leurs thèses qui sont placées désormais en dehors de tout sens critique. Il résout désormais son conflit de façon simple : il croit en ses parents et au discours tenu par l’église, les églises. Exit le sujet. Ce qu’il faut bien comprendre c’est que ce lavage de cerveau est progressif, il accompagne l’enfant dans son développement, ce qui annihile en lui tout sens critique et le condamne à s’approprier un prêt à penser, ou plutôt : un prêt à non-penser, qui tue dans l’œuf toute velléité d’indépendance d’esprit. Devenu adulte, il subsiste en lui comme une niche mentale pétrie de croyances infantiles qui subsistent au sein d’un cerveau certes capable d’avoir une attitude réaliste au quotidien et disposant d’une intelligence normale. En bref un clivage mental s’opère, qui explique pourquoi des gens à priori intelligents et recommandables sont capables de tenir des discours religieux totalement déconnectés du réel (par exemple le monde créé en 7 jours, dieu sait en tout temps ce que tu fais ou penses, les 70 vierges après la mort etc.) Pourquoi l’enfant va-t-il épouser les thèses religieuses de son entourage ? Pour faire comme « tout le monde », pour se sentir faire partie de sa famille et, plus que tout, pour ne pas risquer de se voir retirer l’amour de ses parents. Au nom de cela il acceptera presque tout. L’abus est là : les parents prennent leur enfant en otage dans sa peur la plus fondamentale : il doit adhérer s’il veut continuer à être aimé. Plus fort encore : les parents n’auront jamais à expliciter la menace angoissante à leur enfant, car celui-ci aura tout compris par lui-même. Procédé pervers s’il en est.

L’enfant a le droit de ne pas tout savoir, comme la science qui progresse à petits pas, il a le droit de ne pas se voir imposer des explications toutes faites et mal faites qui vont pervertir son intelligence, le détourner du réel. Il a le droit de réfléchir, de découvrir. Par contre, si un individu devenu adulte éprouve le besoin de se raconter des histoires pour se rassurer, c’est son droit. Mais n’abusons pas de l’enfance.

La religion, les religions constituent un véritable cancer mental qui abrutissent l’humain, génèrent des réflexes communautaristes sources de conflit, exacerbent les tensions, nourrissent l’intolérance aux différences, provoquent des guerres.
Dans ces conditions, pourquoi ne pas essayer la libre pensée ?

Patrick Goette
Libre penseur, athée, psychologue et psychothérapeute


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