lundi 13 août 2018

Argentine : rendre illégal l’avortement ou l’église ?


La question mérite sérieusement d’être posée suite au récent et honteux refus d’une majorité de sénateurs albicélestes d’autoriser l’avortement, au moment précis ou presque où l’Irlande, elle aussi un parangon du catholicisme dans ce qu’il a de plus rétrograde, acceptait enfin de prendre ses responsabilités dans ce domaine. En Argentine, le projet de loi légalisant l’IVG s’est heurté comme attendu à la résistance de l’église, dont les défenseurs, malheureusement encore très nombreux et puissants, ont scandé durant la campagne les mêmes arguments éculés  selon lesquels la femme n’aurait pas droit à l’avortement mais à la santé, ou encore l’enfant à naître est biologiquement et scientifiquement un être humain, l’homme, ou plutôt ici : la femme, n’a pas le droit de se substituer à dieu pour décider si l’enfant vivra ou non. Bref la panoplie complète et tordue de ce que l’on entend par exemple chez les extrêmistes religieux des Etats-Unis et d’ailleurs.

Nier le droit à la femme de décider ce qui est bon pour elle, favoriser l’obscurantisme du statut quo actuel en surfant sur l’angoisse des gens face au progrès, menacer des pires fléaux en cas d’acceptation du projet de loi, on reconnaît bien là les méthodes qui ont fait la « gloire » de l’église et qui constituent sa signature à travers l’Histoire. Elle se nourrit de l’angoisse des gens, qu’elle alimente, comme le font certains partis politiques rétrogrades que l’on connaît bien aussi en Suisse, suivez mon regard. En résumé : le moins de pouvoirs possibles laissés à la femme, une mainmise sur la sexualité et la reproduction des humains, des desseins divins qui ne seraient compris que par les édiles de l’église, et qui ne sont transmis qu’à ces mêmes édiles, un recours aux arguments scientifiques ou pseudo-scientifiques (« le fœtus est un être humain ») aussi longtemps que cela les arrange, alors que le reste du temps ils opposent la foi insondable, improuvable et cryptée à la raison, à la science transparente. Les thèses de l’église sont farcies d’histoires invraisemblables, merveilleuses, fausses qui flattent l’imaginaire infantile qui sommeille en nous, et nous détournent temporairement de la dureté de la vie.

Etant donné son caractère durablement nuisible, ne serait-il pas possible un jour de rendre plutôt illégale l’église, et toute autre association qui, dans l’incapacité de faire face aux défis de la modernité , propose encore et encore des solutions éculées qui ont fait la preuve de leur inanité, leur inadéquation et leur dangerosité ?

PG




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