Ils
l'avaient promis, ils ont tenu parole. Des employés masculins
réguliers du Salon de l'Auto avaient déjà fait savoir à leur
direction qu'ils envisageaient très sérieusement de faire grève
s'ils ne pouvaient pas, eux aussi et tout comme leurs collègues
féminines, s'allonger à la journée longue, semi-dévêtus et
arborant des sourires bêtes sur les carrosseries des derniers
modèles de voitures.
Un
des représentants de ces messieurs en mal de vente primaire
d'expliquer : « Pourquoi il y aurait que des femmes pour
se trémousser à rien faire sur des voitures de rêve et à être
payées pour ça ? Pourquoi nous les hommes devons porter la cravate
et donner pendant des heures des données techniques, à parler de
chevaux, vitesse et pistons alors que nous pourrions nous aussi
connaître la sensation rare de carrosseries chaudes sur notre peau
? » Lui et plusieurs de ses collègues sont décidés à ne
plus promouvoir le dernier SUV de BMW, ni distribuer des publicités
papier glacé pour Maserati ni des stylos Toyota, voire même à
mentir sur les labels énergétiques ( labels auxquels se réfèrent
de façon systématique tous les conducteurs, et ceux des 4x4 en
particulier) aussi longtemps qu'ils seront écartés de cette
pratique commerciale valorisante.
Un
représentant de la direction du Salon a promis d'étudier leur
demande, a-t-il fait savoir à notre reporter avant de s'engouffrer
dans un fourgon dernière génération de Mercedes en compagnie d'une
charmante et accorte demoiselle afin d'évoluer son potentiel
commercial.
La
Rédaction du journal Eritas
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