jeudi 5 mars 2015

Grève au Salon de l'Auto

Ils l'avaient promis, ils ont tenu parole. Des employés masculins réguliers du Salon de l'Auto avaient déjà fait savoir à leur direction qu'ils envisageaient très sérieusement de faire grève s'ils ne pouvaient pas, eux aussi et tout comme leurs collègues féminines, s'allonger à la journée longue, semi-dévêtus et arborant des sourires bêtes sur les carrosseries des derniers modèles de voitures.

Un des représentants de ces messieurs en mal de vente primaire d'expliquer : «  Pourquoi il y aurait que des femmes pour se trémousser à rien faire sur des voitures de rêve et à être payées pour ça ?  Pourquoi nous les hommes devons porter la cravate et donner pendant des heures des données techniques, à parler de chevaux, vitesse et pistons alors que nous pourrions nous aussi connaître la sensation rare de carrosseries chaudes sur notre peau ? » Lui et plusieurs de ses collègues sont décidés à ne plus promouvoir le dernier SUV de BMW, ni distribuer des publicités papier glacé pour Maserati ni des stylos Toyota, voire même à mentir sur les labels énergétiques ( labels auxquels se réfèrent de façon systématique tous les conducteurs, et ceux des 4x4 en particulier) aussi longtemps qu'ils seront écartés de cette pratique commerciale valorisante.

Un représentant de la direction du Salon a promis d'étudier leur demande, a-t-il fait savoir à notre reporter avant de s'engouffrer dans un fourgon dernière génération de Mercedes en compagnie d'une charmante et accorte demoiselle afin d'évoluer son potentiel commercial.

La Rédaction du journal Eritas

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