Votations sur l'immigration de masse
: une peur massive pousse plus de la moitié des suisses à
voter en faveur de suisses AOC
Concernant l'initiative
contre l'immigration de masse, je suis à nouveau surpris de
constater à quel point la peur pousse nos concitoyens à choisir en
majorité la voie de l'autisme, de l'autosuffisance , du
suissocentrisme, des échanges mono-latéraux, du déni de ce qui se
passe à nos frontières, du refus de la différence , si
caractéristiques du fonctionnement psychotique et tout-puissant dès
lors qu'on le réduit à la dimension de l'individu. Toutes ces
façons d'exister équivalent à une forme de suisside tant
économique, politique que culturel. Voici la piste hasardeuse qu'une
majorité de suisses a majoritairement choisi de suivre ce dimanche.
Qu'elle n'en soit pas ici remerciée. A ce stade, qu'est-il encore
possible de faire pour tenter d'enrayer les conséquences de cette
décision irraisonnée ?
Un seul regret :
d'avoir eu à partager la voix du « non » avec des partis
de droite que le dieu « argent » a poussé à n'envisager
l'immigration que sous le seul angle économique. Les étrangers ne
sont-ils que des bras, des jambes sans tête, sans famille ?
Pourtant les accords bilatéraux, dans leur définition même,
renvoyaient à 3 plans : économique (celui-là, on l'avait bien
entendu et compris, peut-être même un peu trop, merci) mais aussi
politique ET culturel. De ces 2 là, on n' a quasi pas entendu
parler. Dommage. Mais là encore pas sûr que cela aurait suffi à
faire pencher la balance dans le bon sens.
Concernant le FAIF, là
encore l'argent est au centre du débat : le principe d'investir
pour maintenir voire étendre (par nécessité) nos transports
publics sur rail a été décrié comme bien trop cher par de
nombreux partis à droite et par les lobbies de l'automobile bien
sûr. Ce qui est logique de leur point de vue : il vaut mieux
que cette manne soit dédiée à de plus larges et plus nombreuses
autoroutes devant permettre à toujours plus de 4x4 de défiler
toujours plus vite et sans obstacle. Quant à utiliser les transports
publics : beuârk ! Trop de promiscuité. Sur ce point les
suisses ne sont pas laissés attendrir par l'argument du « trop
cher ».
Enfin, le vote sur
l'avortement a pu montrer que, contrairement à l'Espagne et d'autres
pays par trop assujettis à des Eglises aussi nocives que
déconnectées du réel , la Suisse a choisi de ne pas repasser par
la case « Moyen-Age » , ni de laisser cette
nécessité qu'est le droit à l'avortement entre des mains
irresponsables qui sous prétexte de responsabiliser les éléments
les plus fragiles de notre société en accentuent encore davantage
la fragilité. Ouf.
Ce qui est surprenant
dans notre système politique suisse, encore que logique, ce sont les
décisions prises par un coup de barre à droite vis à vis des
étrangers, puis un coup de barre à gauche pour favoriser le rail,
puis enfin un coup de barre éthique pour contrer la privatisation
des coûts de l'avortement. Il y a là plusieurs postures qui ne
s'inscrivent dans aucune ligne politique cohérente et réfléchie,
un peu comme une voiture qui dessinerait sa route au fur et à mesure
qu'elle roule, avec toutes les prises de risques et les accidents que
cela suppose.
J'ai bien peur que plus
on aille de l'avant, et plus des initiatives rétrogrades attaquant
les droits fondamentaux et raisonnables conquis jusque-là ne
fleurissent de plus belle (de plus moche devrais-je dire).
Finalement, c'est une
journée bien étrange.
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